Critique d’Art

17 05 2018

EXPOSITION du 12 au 29 Novembre 2015 à l’Espace Art Gallery de Bruxelles

Commentaires de François L. SPERANZA – Critique Artistique du Réseau Art et Lettres

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Du 12/11 au 29/11/2015, l’ESPACE ART GALLERY (Rue Lesbroussart, 35, 1050 Bruxelles) a le plaisir de vous proposer une exposition consacrée à l’œuvre de l’artiste franco-suisse, Madame CATHERINE KARRER, intitulée : EXPLOSION DE COULEUR ET DE LUMIERE.

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Trois moments structurent l’écriture picturale de CATHERINE KARRER dont le dénominateur commun est, comme le titre le souligne, la couleur et la lumière.

Chacun de ces moments est conçu de façon particulière :

1)     GRANDS FONDS I et II (93 x 65 cm – acrylique sur toile)

répondent à deux compositions rigoureuses et soignées, axées sur une dominante essentiellement bleue, jaune et brune. Ce côté rigoureux s’affirme dans la disposition presque mathématique des éléments chromatiques. Et pour souligner précisément cette volonté mathématique, l’artiste a opté pour une mise en relief du cadre, traité en brun, duquel émergent deux traits. Le premier partant du haut, à gauche vers le bas et le second partant du bas vers le haut, à droite de la composition n° I. Notons que chacun des traits s’arrête à moitié chemin comme pour céder l’espace aux éléments qui structurent la toile.

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Abstraite dans son essence, la peinture de CATHERINE KARRER recèle quelques traces de velléités figuratives faisant parfois penser aux mondes minéral et végétal (compositions I et II).

2)     PASSIONNEMENT (93 x 33 cm – acrylique sur toile) et EXPLOSIVE (93 x 33 cm – acrylique sur toile)

donnent libre cours à l’univers du pathos, exprimé de façon intempestive, alliant toujours couleur et lumière dans un registre différent, intervenant dans la scansion du langage plastique. Point de bleu ou de jaune (couleurs évoquant le calme et la joie) mais bien une explosion chromatique envahissant la toile en son centre et se répandant sur un arrière-plan blafard, conçu en gris-blanc, lequel agit en contraste, mettant en exergue l’éclatement des couleurs. La palette usitée se définit par des tonalités vives, telles que le rouge (en dégradés), le noir, le rose ou le violet se fondant sur la toile diaphane comme une tache sensorielle.

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Le visiteur a le sentiment que celle-ci, même si elle prend fin à un certain stade de l’œuvre, tend à se poursuivre par le biais de son imaginaire : PASSIONNEMENT (cité plus haut). Néanmoins, cela s’avère dans la réalité immédiate avec EXPLOSIVE (cité plus haut) où la couleur jaillit comme une lave du fond de la toile pour atteindre des sommets qui sont ceux de l’artiste.

3)     HARMONIA (80 x 120 cm – acrylique sur toile) et OCEAN (81 x 54 cm – acrylique sur toile)

répondent à un stade où se résument tous les signes constitutifs du style de l’artiste pour atteindre les frontières d’un imaginaire où volonté géométrique et dynamique chromatique s’expriment dans une même plastique onirique.

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Une géométrie, réduite à sa plus simple expression, apparaît dans la présence de carrés désaxés (de couleur brune), bien que disposés à l’intérieur de la composition (et non à l’extérieur), dans laquelle évolue une « nature » inconnue, ramenant le visiteur vers une sorte d’Eden où vibrent des notes vertes, brunes, blanches, jaunes et rouges, créant des silhouettes évoquant ce qu’il y a de primordial dans la conception à la fois idéale et plastique de la forme (HARMONIA – cité plus haut).

OCEAN (cité plus haut) garde une volonté de cadrage dans la conception d’un carré désarticulé, lequel ne recouvre pas le périmètre du tableau. La couleur du carré demeure la même que dans les autres œuvres : le brun.

Les titres ne sont pas là par hasard. Ils servent de support à l’œuvre et se fondent en elle, permettant à l’imaginaire de voyager en des contrées où l’idée d’une (méta) nature fleurit et s’emballe, festoyant parmi les couleurs.

Ces trois moments sont les étapes d’un pathos d’une rare sensibilité.

Concernant le premier moment, on a le sentiment que l’artiste se cherche dans une introspection dominée par une volonté d’onirisme mêlée d’éléments irrationnels, se terminant par des nervures pouvant rappeler l’idée de « racines » se dépliant dans l’espace (GRANDS FONDS I, II – cités plus haut). Malgré une part importante de tonalités sombres (bleu, brun foncé, noir), la composition est rehaussée par la brillance du jaune, dont la symbolique traduit le besoin vital de chaleur humaine, de soleil et de vie.

Le second moment s’exprime dans un chromatisme sanglant (invasion massive du rouge-fauve) lorsqu’il s’agit de pénétrer le tréfonds d’une pulsion de vie (PASSIONNEMENT et EXPLOSIVE – cités plus haut).

Quant au troisième moment, il s’inscrit comme la finalité (provisoire!) d’une écriture ne demandant qu’à s’épanouir davantage. Dans cet univers féerique, le jaune occupe une présence certaine mais discrète pour assurer un équilibre dans les variations chromatiques.

Il est à remarquer que, concernant ces trois étapes, la couleur ne s’arrête pas à la limite du cadre mais le déborde comme pour en prolonger la magie.

Et c’est précisément à partir de la couleur que l’artiste, par un premier jet, décide du sort de son œuvre en le laissant, pour ainsi dire, « mûrir » sur la toile et voir ainsi les émotions que ce geste premier lui procure. Car elle travaille couleur par couleur, dosant telle une alchimiste, l’addition d’une note chaude associée à une tonalité froide. A la question (volontairement absurde) : « y a-t-il une limite entre la couleur et la lumière ? », sa réponse est radicalement : « non ! ». La couleur se définit par la lumière et vice versa. D’ailleurs, en matière de peinture, la couleur est lumière ! Et cela va même plus loin, en ce sens que la couleur est à la base de l’image, car c’est par sa présence que le sujet (quel que soit sa nature) se structure sur l’espace scénique de la toile et agit sur ce dernier. Il n’y a pas de peinture sans couleur car c’est déjà, à partir de la toile « blanche » qu’elle se définit.

Le parcours de CATHERINE KARRER est intéressant et peut expliquer, à maints égards, des particularités dans sa démarche créatrice. Sa formation scientifique (elle évolue dans la recherche médicale) l’oblige à une rigueur méthodologique, ce qui expliquerait, par exemple, la présence de ces carrés, parfois entiers, parfois désaxés qui parcourent son œuvre : l’appel lointain de la rationalité cachée dans tout artiste surgissant au plus fort de la féerie.

Autodidacte, elle a, néanmoins, suivi des stages avec des grands maîtres tels que Christoff Debusschere, Jérôme Tisserand et Claude Fauchère, dont l’on perçoit, après avoir vu quelques-unes de leurs œuvres, qu’à défaut d’influences, elle en a retenu l’importance de l’enseignement. Précisons qu’elle peint depuis 1998. La création est pour elle, avant tout, un travail de recherche, ce qui implique à la fois la connaissance, l’héritage et la transmission du métier. Le but étant celui de l’invitation au voyage qu’elle vit avec le visiteur qui s’immerge dans les profondeurs de son œuvre.


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